LA MONTAGNETTE ET LES ALPILLES
Lorsque vous quittez Avignon par le sud, direction Arles, Tarascon... Vous traversez la Durance et vous voici dans les Bouches du Rhône (13). |
A regarder comme ça vous ne vous apercevez de rien, mais rapprochez vous de ce pays et vous découvrirez beaucoup de choses attachantes. La tradition n'est plus du tout la même. Si celle du Vaucluse est basée sur un passé très riche mais lointain qu'est la présence des Papes, celle-ci est plus proche de nous. Parce que de mère en fille s'est légué le costume traditionnel, parce que les chevaux ont leur place dans le quotidien, parce que le Tambourinaïre joue toute l'année, parce que lorsqu'une fête se prépare, c'est à trois ou quatre villages entiers qu'on la mijote. C'est pour tout ça qu'il se dégage, si l'on rentre en contact avec les gens de là, une chaleur et une vie lors des fêtes locales.
Barbentane, Châteaurenard, Rognonas, Saint Andiol, etc... C'est dans ces villages que cela se passe.
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LA TRADITION
Un jour de fête, sans parler des journées de préparatifs ça commence vers 6 heures du matin. Il faut une heure environ pour qu'une jeune provençale mette son habit et prépare sa coiffe. Elle ne peut pas le faire seule. Il faut mettre les épingles pour attacher les rubans et dentelles. Et elles se font rares aujourd'hui celles qui savent encore bien le faire, alors la même prépare plusieurs femmes et c'est long.
Pendant ce temps, les hommes des villages alentours amènent les chevaux de trait pour les parer eux aussi en habit. Dans les cours de ferme, c'est l'animation. Puis vers 9 heures, c'est le déjeuner. Oh, pas le petit déjeuner petit café et croissant sur le bord du comptoir, mais déjà le premier repas animé.
A l'autre bout du village, c'est la messe en provençal. Vers 10 heures, on réunit les chevaux pour les atteler et selon le village et le Saint du jour, ce sera de 20 à 50 chevaux énormes en enfilade pour tirer la charrette. Une charrette ornée de tous les produits de la terre, fruits et légumes. Plus vous la regardez et plus vous découvrez de variétés différentes, les citer serait trop long.
A ce moment, la foule des chevaux et la foule de la messe se joint dans les rues du village qui paraissait presque désert deux heures auparavant.
Le défilé peut commencer, au pas ou au galop selon le nombre de chevaux. Mais pour commencer, les Tambourinaïres et galoubets ouvrent le pas avec une farandole. Au premier plan les drapeaux sont claqués, tournés puis jetés en l'air pour être rattrapés avec agilité. Suivent les cavaliers en habit, les jeunes femmes en amazones, les charrettes avec les enfants et enfin la Charrette avec son attelage qui n'en finit pas. Au passage, le curé bénit le cortège.
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Et c'est ainsi pendant quatre ou cinq tours du village. Tout le monde peut le voir et le revoir. Petit à petit le défilé s'égrène, on entend toujours la musique. Les chevaux énervés par la foule sont mis à l'écart pour être débarrassés, attention aux coups de sabots. C'est environ midi, c'est l'heure de l'apéro, dans un mas avec les cavaliers, dans une cour avec une autre partie des organisateurs, dans une guinguette du jour avec la fanfare, sur les places à la terrasse des cafés. Puis vient le grand repas ou tous participent. C'est vivant. Les sons, la musique, les chevaux, les costumes, les décorations, tout le travail effectué pour honorer la tradition de la Saint Roch, la Saint Eloi, le Bon Ange, et ce, dans ces petits villages parfois discrets, de juin à septembre.
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